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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 14:37

Le Dubois d'Or est un prix qui n'en a pas. De prix.

Je dis ça, car c'est un trophée qui récompense surtout les copains, (tout du moins ceux dont le travail est sympathique au glorieux jury qui l'attribue).

Alors quand on sait que ce jury inclut l'immense (au sens propre et figuré) François Corteggiani, et l'ami de toujours Pierre Dubois, ça vous réchauffe et le coeur de recevoir la statuette. C'était le week-end dernier, lors de la 7ème tournée du BISTRO-BD à Carpentras.

- C'est quoi au juste, un Dubois d'Or ?

- C'est ça :

 

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 Le Dubois d'Or est en pur or massif ! J'ai tenu à le vérifier (je suis méfiant).

Le même de dos, puis en charmante compagnie avec un autre souvenir (venu du festival de Lys-Lez-Lannoy cette fois-ci). Cher Pierre, j'ai trouvé à ton effigie dorée une place idéale, doublé d"un point de vue imprenable !

 

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Les deux compères, lors de la conviviale remise des prix, sur la place même où nous avons dédicacé :

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Philippe Caza recevant son prix :

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Le diplôme accompagnant le trophée (à lire de près !) :

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Merci à François de nous rappeler que faire son métier sérieusement ne veut pas forcément dire se prendre au sérieux.

 

Le lendemain matin, et sur une idée de Florence Cestac, une infâme croûte a été achetée sur le vide-grenier qui avait lieu là, et nous avons tout à tour "pourri" celle-ci de dessins pour en faire un "Cortédor", remis le midi à François lors de son traditionnel mouton grillé du dimanche midi.

 

Il y a un corbeau de Macherot, par le repreneur de la série André "Caroline Baldwin" Taymans, un Alix suspendu par Christophe Simon, une naïade par Pierre Dubois, une Cestac' Girl par Florence Cestac, un Crapaud par Michel Plessix (dont on voit la main), un schtroumpf par André Benn (Mic Mac Adam) et un nain libidineux par Philippe Luguy (Percevan, Sylvio...)

 

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Merci aussi François pour ce splendide original de couverture du pocket KING-KONG :

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Original qui retrouve ainsi ses petits dans ma bibliothèque :

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Plus de photos du week-end, sur le blog de François

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commentaires

phil 09/10/2012 09:21


je pense que ta vision de l'edition est bien réaliste, malheureusement. Les "gros tirages" qui vivent correctement, les moyens qui survivent, les petits qui ne peuvent envisager une seconde de ne
pas avoir un boulot à côté ou une femme qui assure...des petits éditeurs qui prennent des risques mais ne peuvent guère payer, des gros éditeurs qui paient (parfois un peu) mieux mais ne prennent
plus de risques


Faut avoir la foi, et la passion, mais ça ne nourrit pas son artiste

galien 01/10/2012 12:41


Enfin je veux pas mettre ma zone !


J'avais trouvé une partie de séditeurs erencontrés à Angoulème particulièrement insultants et hypocrites à ce sujet. Mais pas tous !


Et oui, c'est bien de commencer à en parler.

galien 01/10/2012 12:33


Oui je suis d'accord sur l'ensemble (je fais même partie de la masse qui veux rejoindre les dessinateurs qui en vivent, arg !).


En fait, j'avais en tête une réfléxion du Lombard, pour qui j'avais énormément d'estime. En 2012, au début je crois, ils ont changé de directeur  pour changer de politique laquelle se
résumait "à ne plus prendre de nouveaux talents pour se concentrer sur le projet populaire et de réédition".


Donc c'est clair, point de nouveauté. Mais quand le public -dont je fais partie, là aussi- aura complêté sa bibliothèque des vieux titres qui lui manquait, ou bien en retirage, n'aura-t-il pas
besoin de nouveauté ? Ben avec une politique telle que celle-ci, les ventes vont s'effondrer une fois le plein fait et on dirait que la BD est vraiment en crise. Mais c'est un calcul qui ne peut
que venir à cela.


Quant à l'autoédition, c'est bien par dépit qu'on y arrive, c'est clair, mais un nouveau phénomène apparait : sur ces autoédition (et certains éditeurs m'ont poussé dans ce choix que je n'ai pour
le moment pas fait) pour voir si le projet marche. Et quand il marche et bien ils veulent rachter les droits pour une plus grande diffusion. C'est surtout pour diminuer les risques : un auteur
qui fonctionne en autoédition deviendrait intéressant à publier ? Mais c'est un peu quand même le métier de l'éditeur de prendre le risque, non ?

Lefeuvre 01/10/2012 13:30



Galien,


Ce que tu écris est très juste : je vois l'éditeur comme un "parieur", quelqu'un qui doit déceler une pépite, un esprit, un univers dans la gangue. SON boulot est de l'accompagner, de
l'aider à aller plus loin, ou à le freiner si ça part en vrille, et de lui donner un minimum de confort pour qu'il puisse créer dans la sérénité. Sachant que créer est toujours une forme de
combat intérieur, de discipline, de foi... je ne vois pas comment faire avec des tarifs de plus en plus bas, des tirages de plus en plus faibles, et quand en plus (dans le cas de
l'auto-édition) on doit se doubler de maquettiste, éditeur, diffuseur, attaché de presse...


En clair, je vois l'auto-édition comme un miroir aux alouettes : coûteux pour l'auteur, provoque souvent la méfiance des lecteurs, et complique la vie des libraires (quand ils acceptent de
prendre quelques exemplaires). Chapeau à ceux qui arrivent à mener tout ça de front, je sais que nous sommes bien trop avancés dans la Berezina pour l'envisager aujourd'hui !


Quant au Lombard, il a au moins un mérite : celui d'avoir été le premier des grands éditeurs a avoir honnêtement déclaré ne pas vouloir participer à la surenchère de titres, là où tant
d'autres n'ont cherché qu'à "noyer la concurrence" (et les libraires), à coup d'albums peu ou pas encadrés (rapport aux conditions de création, la sérénité, tout
ça, citées plus haut).


Résultat : De jeunes auteurs à la rue (littéralement), et dont la solution de l'auto-édition ne fera malheureusement qu'accélerer la précarisation.


Ce que j'écris est dur, pardon de désenchanter, mais c'est ma vision actuelle du métier, et je sens ce constat se généraliser. Il y a certainement des exceptions à l'auto-édition, mais le prix
est dans tous les cas extrêmement LOURD à payer!


Se déplacer partout, chaque week-end, souvent à ses propres frais, avec des livres, des imprimeurs à rembourser, et la nécessité de créer le lundi matin alors qu'on n'est pas forcément rentrés
dans ses frais... Il y a de quoi déprimer très vite.


Un grand auteur à succès, du genre méticuleux, et attaché à un certain soin apporté à la planche et à la narration (euphémisme en ce qui le concerne, croyez-moi sur parole) m'a dit
en colère très récemment : "Je crois que nous vivons la mort d'une certaine forme du métier".


En tout cas, c'est la fin d'une époque, et nul ne peut dire aujourd'hui dans ce métier ce qu'il fera dans 10 ans.


Pour dire la vérité (tant qu'à faire), je vois ma démarche avec Paotr Louarn comme un chemin de traverse qui me permet en à côté d'autres sources de revenus (dessin animé,
BD-reportage pour journaux locaux, colorisation d'albums...), de continuer à exercer mon métier d'écrire, dessiner de nouvelles histoires.


Le salaire est 3 fois moindre à la planche que pour Tom et William, mais la production est plus modeste, je suis libre et propriétaire de mon histoire, et j'y met tout mon enthousiasme !


Alors tiens bon, travaille, fais-toi plaisir, et garde bien le travail qui te fait manger : c'est lui qui te garantit de continuer ta passion.


 en espérant que tu puisses être édité un jour : Au boulot ! 



galien 01/10/2012 09:38


D'ailleurs, rien que pour avior cotoyé la table du grand CAZA, je t'envie à mort... Na !

Lefeuvre 01/10/2012 11:51



Un type vraiment adorable, comme tous ceux avec qui j'ai échangé ce week-end !


http://www.noosfere.org/caza/accueil.html



phil 01/10/2012 09:38


Et on veut nous faire croire que le monde de la BD est difficile


Privilégiés


Je plaisante bien sur, bravo pour ce fort joli (et mérité) prix

Lefeuvre 01/10/2012 11:47



Cinquiou !



galien 01/10/2012 09:38


La crise et la BD... ça me fait un peu rigoler : oui  les bourses sont plus serées, c'est vrai. Dans le même temps les gens ont besoin de rêver, et l'industrie du spectacle se porte
bien.  Alors pourquoi pas la BD ? Y a certainement des questions à se poser.


Quand on voit de telles manifestations avec autant de bonne humeur, d'amour de la vie et de la BD, ça a de quoi rassurer.

Lefeuvre 01/10/2012 11:46



Certes, mais les albums sont quand même très cher : moi qui suis un grand amoureux du genre, je tourne sept fois les pièces dans ma poche avant de me décider à acheter !


Et comme le nombre d'auteurs a grandi plus vite que le marché, ça fait mécaniquement de plus petits tirages, moins de temps pour vivre, et pas le droit à l'erreur.


L'explosion de l'auto-édition en est un autre signe. Rares sont ceux qui vont dans cette voie par réel choix, mais par "obligation".


Aujourd'hui, même un éditeur "respectable" comme Dupuis ou le Lombard interrompent brutalement des séries parfois au bout du premier tome, alors que la suite était quasiment
bouclées.


Jusque là, on attribuait au seul Soleil cette désagréable habitude.


La crise est là, elle est réelle, tangible, et va laisser beaucoup de monde sur le carreau dans notre profession, comme dans bien d'autres.


Que ça ne nous empêche ni de sourire, ni surtout de chercher ce qu'on peut y faire !


En parler librement est un début !



Zaïtchick 30/09/2012 20:25


Si ça se trouve, vous avez pourri un chef d'oeuvre méconnu d'un grand artiste...


Sinon, le prix, c'est pour un travail précis ou pour l'ensemble de ton oeuvre ?


Chouette illustration... Mais je n'ai pas autant de King-Kong que toi. (En VO Mytek the Mighty, précisons pour l'aimable lecteur que le King Kong en question est un robot géant et que le
scénariste-créateur est Tom Tully, également scénariste, entre-autres, du Léopard de Lime Street - merci Google !)

Lefeuvre 30/09/2012 21:37



Waéh j'le savé, d'abord !


En fait non.


C'est le même qu'a écrit Fernand l'Homme Mécanique, non ?


 



A Propos De L'auteur

  • Lefeuvre
  • Auteur BD/Illustrateur né en 1977, marié et papa de deux enfants.
  • Auteur BD/Illustrateur né en 1977, marié et papa de deux enfants.