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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 22:40

 

 

Philippe Cordier, grand amateur de comics, et tout particulièrement de la génération eighties (Miller, Janson, John Romita JR, Byrne Zeck, Nowlan...) a consacré un très bel article à " Tom et William" dans le numéro 25 (mai-juin) du gratuit culturel consacré à la BD (Franco-belge/manga/comics). Il fait également partie de l'équipe qui participe à la renaissance du mythique fanzine consacré aux comics SCARCE. Si ces qualificatifs vous parlent, son blog est ici.

 

Et comme il a bon goût, ça fait d'autant plus plaisir de recevoir des compliments de quelqu'un comme lui : le magazine est feuilletable ici. Page 20 !

 

couv-ZOO.jpg

  - Couv fictive du magazine quant à lui tout à fait réel, par votre serviteur : ZOO version Stange 70's !

 

 

- 2 commentaires, quand même (Je ne peux pas ne pas ne pas réagir à tant de choses !).

 

- La qualification "d'anti Mark Millar" me flatte. Forcément. Même si le gars boxe au moins 14 catégories au-dessus de moi, et que je suis comme M. Cordier un inconditionnel du dessinateur JR JR (avec qui Millar a créé KICK-ASS), je suis lassé des wonder-boys du comics obnubilés par cette grande question : "qui incarnera mon nouveau super-héros dans la prochaine adaptation de mon travail à Hollywood ".

 

Cynisme n'est pas toujours synonyme de profondeur : N'est pas Alan Moore qui veut !

 

 

- Pour la "charge inutile contre la nouvelle BD", qui m'a été attribuée un peu rapidement dans un autre journal BD, à cause d'une réplique dans l'album : "Dommage que les pisse-copies de la nouvelle BD n'en sauront rien" (cf. case), merci Philippe, d'avoir compris mieux qu'un autre journaliste qui (même s'il a écrit une chouette chronique sur l'album), n'a semble-t-il même pas envisagé que dans la bouche d'un personnage aussi imbu de lui-même que King (caricature du méchant de BD classique), la démagogie coulerait de source... et s'adresserait à la nouvelle BD de son époque à lui (Tardi, Moeb, Mandryka, Crumb...).

 

 

 

pisse-copies-BD.jpg

 

orthographe-PF

 

 

 

- Le même journaliste n'a en revanche pas été gêné dans son papier que j'évoque l'orthographe désastreuse habituellement attribuée à ces petits formats dans la bouche de William, héros de l'histoire (celui de qui l'auteur est censé être plus proche).

 

 - Alors si la nouvelle hype regarde souvent avec dédain la BD popu, bonne pour les geeks, quand ils ne font pas tout bonnement comme si elle n'avait jamais existé, il n'est pas étonnant qu'elle réagisse aussi quand un nouvel auteur, fan de cette culture popu, semble mettre un petit coup de griffe à la sacro-sainte Nouvelle BD.

 

Boaf ! Tout ça n'est pas bien grave !

 

 

(Je bosse en écoutant France-Inter 10 heures par jour : ça doit expliquer certains agacements !)

 

 

- Dernière remarque : Philippe Cordier a raison de souligner  le crédit de Walter (coloriste brillant de Sfar, Sattouf, Blain, Trondheim...). Il n'est pas toujours évident à repérer dans l'album en blanc sur fond orangé : c'est la charte graphique de la collection signé qui veut ça.

 

- Comment on dit déjà, à la fin des Mystérieuses Cités d'Or ?

 

     "- Au revoir. A bientôt."

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Zaitchick 11/05/2010 12:01



On dirait qu'un certain public de lecteurs a honte de lire de la BD. Ce qui, à mon avis, explique le succès du label "roman graphique", appelation commode pour les journalistes fainéants et les
bobos qui se targuent de lire de la "bande-dessinée qui a du fond" - de préférence dessinée comme un pied gauche, pour faire ressortir la "profondeur" du scénario. Je précise que les expressions
entre guillemets ont été entendues chez un libraire chez qui je ne mets plus les pieds.


Ainsi donc, il y a, d'une part, la "bédé" pour "gamins", et, d'autre part, le "roman graphique", qui succède à la "nouvelle BD" et au 9e "art", pour les lecteurs intelligents... Ma foi, s'ils ont
tant honte que ça de lire de la bande-dessinée, ils peuvent lire des livres sans images. Ils pourront retrouver là un large assortiment de cuistres avec qui ils pourront échanger leurs opinions.


Et ils nous lâcheront la grappe quand on lira nos illustrés entre gens de bonne compagnie.


Je ne redirai pas ici tout le bien que je pense de Tom et William, ni de son auteur (quelqu'un qui n'aime pas le foot, lit de la BD de gare et écoute France
Inter ne peut pas être foncèrement mauvais !) ni de l'univers qui entoure cette oeuvre. Je souhaiterais juste qu'à l'occasion, vous expliquiez comment vous vous y prenez pour fabriquer les
fausses couvertures des petits (et moyens) formats qui agrémentent votre album et vos différents blogs : faux logos, calligraphie des titres, police, vieillissement artificiel... Tout cela
m'intéresse prodigieusement.


Cordialement.



Lefeuvre 11/05/2010 15:54



 


Bonjour Zaïtchick,


Bon. Je vais un peu laisser tomber le masque Chevrel... et enlever du même coup la casquette d'auteur pour parler en tant que lecteur.


Pour les trucs de fausses couv, j'y reviendrai une autre fois ('Faut que je bosse un peu , quand même !)


Oui : A moi aussi, il me manque un peu aussi, le temps où Graphic Novel désignait dans les courriers des lecteurs de Strange un album Marvel grand format (Le Monolithe
Vivant, l'Arme-X, Esprits de la Terre...) ! Mais aujourd'hui, il y en a de tout, et pour tous les goûts dans la bande dessinée et c'est très bien ainsi. Après, n'oublions pas qu'il y a
aussi de la bonne... et de la moins bonne BD dans tous les styles : Dans les PF, comme à l'Association.


Le problème à mon humble avis, c'est qu'en culture plus visiblement qu'ailleurs, certains journalistes ont cette vilaine propension à se copier les uns les autres. Et comme ils ne
savent pas forcément tous de quoi ils parlent, cela peut très bien les amener à louer des livres qui semblent parfois frôler dangereusement l'imposture, parce qu'ils pensent que
Noir et blanc + "Graphic-Novel" + Nouveau = Formidable. "- Où est le problème ?" me répondra-t-on : "- Quand c'est bon, c'est bon, non
?" Ben, ce ne serait probablement pas bien gênant, si ce temps et ces espaces médias ne finissaient pas fatalement par conduire ces mêmes journalistes à ignorer tant d'autres
sorties. Ca explique un peu comment, sur un bon millier d'auteurs BD actifs dans ce pays, j'ai cette agaçante impression en écoutant les médias qu'il n'en existe que 4 ou 5. Du coup, on
nous parle de diversité sur toute la chaîne du livre... et on nous vend de l'uniformisation ! Combien de nouveautés de Toppi, Léo, Bourgeon, ou réeditions de Jaccovitti ou
Bernet qui passent quasiment à l'as dans les médias généralistes, et qui devraient pourtant trouver un large public, parce qu'ils font à mes yeux largement partie de
l'immense continent séparant un nouveau Astérix du N-ième Carnet Intime de Sfar ? C'est un peu pareil pour le foot : C'est pas que j'aime pas : C'est juste que j'ai un peu de mal à ne pas sentir qu'on veut me forcer à aimer !


Nous, auteurs, avons aussi notre part de responsabilité à cet état de fait  : Combien de dessinateurs avec qui je parle de Petits Formats, de Marvel ou d'indés américains... et qui ne
proposent pourtant au final que ce qu'ils sont le plus sûr de se voir accepter par un éditeur ? Attention : je n'ai pas inventé la machine à plier les bananes, j'ai juste tendance à croire qu'il
vaut mieux faire un autre métier, que de se résoudre à vivre de sa passion médiocrement : Si j'ai la chance d'épouser, mettons Scarlett Johansson... c'est pas pour passer mes dimanches avec
elle en jogging devant Drucker, vous me suivez ?


Heureusement, les communautés internet me réconfortent, et je crois sans démagogie qu'elles composent un vrai contrepoids : Quand j'entend les louanges faites autour du film d'Adèle Blanc-Sec, de
voir se dérouler le tapis rouge devant l'équipe du film dans les médias, un rapide tour sur le web me permet de me faire une idée certainement plus juste du produit en lui-même, et dans le
cas présent de conforter l'idée que je m'en suis fait à la vision de la bande annonce. Hop ! Encore le  prix d'une séance que je mettrai dans un autre produit, peut-être moins
clinquant, peut-être moins "pro", mais qui sera sans doute plus sincère ! "Et le cirque Camping 2, c'est pas pire encore
?" Ben non, parce que Camping 2 me vend Dubosc, Oteniente et Anconina en tongs, c'est à dire exactement ce que j'aurai à l'arrivée.
Adèle Blanc-Sec prétend me vendre Tardi !


Du coup, je perçois la radicalité souvent décriée des commentaires web comme la logique contrepartie du consensus médiatique trop souvent perçu comme artificiel : " Parce qu'il
faut que le produit marche !"


Quand on a la chance de pouvoir être publié (parce que c'est aussi une chance !),  je pense qu'il faut se bagarrer pour essayer
de faire ce qu'on aimerait lire comme lecteur : Moi, ça m'a fait ça avec Blacksad en 2001 : Je ne m'y attendais pas, ça arrivait de nulle
part. Ca fait un bail que je n'ai pas ressenti ça à nouveau en rentrant dans une librairie !


Je reprend donc ma casquette d'auteur, et avant de m'en recoiffer le chef, j'en tire la conclusion suivante : Quitte à risquer le bide... autant que ce soit pour une cause sincère !



A Propos De L'auteur

  • Lefeuvre
  • Auteur BD/Illustrateur né en 1977, marié et papa de deux enfants.
  • Auteur BD/Illustrateur né en 1977, marié et papa de deux enfants.