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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 16:08

 "Rouzig" n° 110 (octobre 2010).

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 15:57

Je poste ici un livre complet, entièrement en Breton pour sa version papier, et qui sortira en octobre 2010. Je le poste ici-même en Français.

 

Comme toutes les images de ce blog, chaque image est agrandissable.

Sinon vous pouvez aussi le lire en cliquant sur l'album photo à droite de cette même page "HANS" , puis de choisir "Diaporama". Les pages y défileront en plein écran.

 

 

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Les thèmes traités ici (l'exploration de nos imaginaires, la transmission, la filiation...) sont récurrent dans mon travail.

 

L'aspect de HANS (qu'on qualifiera de "Nain de Jardin"), est la représentation classique du Kabouter, lutin Hollandais. C'est l'aspect du nain Tjazhi (dessiné par Rosinski dans deux albums de THORGAL),  et qu'on retrouve dans "Le Livre des Gnomes" (classique néerlandais écrit par Will Huygen et dessiné par Rien Poortvliet - publié en 1976 - Albin Michel).

 

Il devrait coûter 8 euros.

Plus d'infos sur le site de l'éditeur : Keit Vimp Bev.

 

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 09:20

Ca fait un moment que je n'ai rien passé : Mes Frazettades ruent dans les brancards, demandant à s'ébrouer dans l'arène et je trépigne aussi de vous proposer de nouvelles choses ici.

  

Ca vient, ça vient.

 

Le temps m'a manqué ces derniers temps, mais je vais quand même poster un petit quelque chose pour patienter sous la forme d'un dessin publié dans un comics américain dont j'étais alors très fan : "The MAXX".

 

 

"The MAXX" est un personnage et une série de 35 comics écrit et dessiné par Sam KIETH pour Image comics en 1993. Les premiers numéros sont écrits par son vieux pote Bill Messner Loebs.

 

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A cette époque, les superstars de MARVEL viennent de quitter le navire en pleine gloire pour fonder leur propres personnages dont ils seraient les propriétaires (à l'inverse de Marvel où les personnages appartiennent à Marvel, et pas aux diverses équipes qui les animent).

Todd Mac Farlane (Spider-Man), Jim Lee (X-Men), Marc Silvestri (Cyberforce), Dale Mac Keown (HULK), Whilce Portacio (Uncanny X-Men), Rob Liefeld (X-Force), Erik Larsen (Amazing Spider-Man) et quelques autres moins connus quitteront alors la Maison des Idées avec pertes et fracas pour fonder respectivement les titres SPAWN, Wild C.A.T.S., Cyberforce, PITT, Wetworks, Youngblood, et DRAGON.

 

Un paquet d'auteurs prestigieux comme Alan Moore, Frank Miller, Barry Windson Smith, Dave Sim, Neil Gaiman, Alan Davis, Arthur Adams ou Peter David participeront à un moment ou un autre à des titres IMAGE.

 

Le problème, c'est que les stars démissionnaires (plusieurs d'entre elles avaient allègrement dépassé chez Marvel les millions de copies par titre !) crachaient dans la soupe, accusant Marvel d'être un exploiteur ingrat de son fond de personnages et de ses artistes se présentant alors comme l'alternative à ce comportement indigne. L'analyse de Marvel était sensée à maints égards, car la maison des idées connaissait au début des années 90 un gigantesque succès en déclinant les opérations publicitaires et les nouveaux titres, en grande partie grâce à la collaboration active de ces mêmes créateurs qui ont surfé sur la vague pour devenir riches et célèbres.

 

 

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Du coup, au lieu de travailler leur scénario en s'entourant de vrais scénaristes  ou en prenant un peu plus leur temps comme Mike Mignola (Hellboy) ou Frank Miller (Sin-City), les prétentions scénaristiques des dessinateurs-stars ont rapidement déçu. Ils se sont révélés incapables de soutenir le rythme effréné communication/dessin/scénario qu'ils s'étaient imposés.

 

Qui aurait pu ?

 

Ainsi, après des chiffres de démarrages en fanfare, gonflés par la spéculation de "Variant Cover", et l'attrait des mots "collector", et "numéro 1", les rythmes de parution des titres IMAGE se sont espacé et le racolage des titres par la violence et les effets de dessins faussement audacieux ( Aaaah Rob Liefeld et consors !) ont généré une armée de clones s'auto-parodiant jusqu'à la nausée, reproduisant toutes les tares du système MARVEL qu'ils dénonçaient un peu plus tôt : Exploitation de jeunôts formés à la copie conforme, mais qui ne toucheront pas un kopek de droits sur leur travail, et déclinaison hystérique du moindre personnage en séries aussi inutiles que torchées.

 

Califes à la place du calife.

 

Voilà comment le milieu des années 90 se caractérise par une désertion conséquente des lecteurs de comics de mon entourage qui remisaient leurs comics au rayon "souvenirs de jeunesse".

 

 

C'est pourtant parmi ce salmigondis qu'est apparu chez Image comics, une création de bien meilleure tenue : "The MAXX", série de Sam KIETH pour laquelle je me suis passionné immédiatement. Sam Kieth n'était alors connu que pour quelques Sandman, Alien, et surtout pour un traitement très étrange de Wolverine dans un bi-mensuel fourre-tout de Marvel : Marvel Comics Presents".

 

MAXX-dessin.jpgPeut-être parce que les heureuses influences de Sam Kieth (Will EISNER, Wrightson, Watterson, Frazetta, Crumb...) y étaient clairement assumées et digérées, j'ai senti quelque chose de différent. L'histoire totalement déjantée et résumée ici m'a plu tout de suite, j'ai acheté tous les numéros de la série. Le courrier des lecteurs est également dans "The MAXX" un élément réellement important de l'objet, puisque les hypothèses qui y étaient émises, les dessins qui y étaient postés créaient un sentiment de club comme je n'avais ressenti auparavant à la lecture d'un comics en version originale.

 

La série a d'ailleurs connu aux Etats-Unis une adaptation en dessin animée sur MTV, série qui remportera l'Oscar de la meilleure série. J'ai envoyé le dessin affiché à gauche, que j'ai eu le plaisir de voir publié en 3ème de couverture dans le numéro 25 (juin 19maxx25.jpg96).

 

L'idée, c'est qu'à un moment de l'histoire, il était sugéré que la véritable identité du personnage principal était liée à son animal totem : Le lapin !

  

Du coup, en reprenant tous les personnages de l'intrigue, j'ai fait apparaître en creux la silhouette blanche d'un lapin. Si j'explique mon dessin, c'est parce qu'au vu de mon scan et de la qualité de mon dessin (j'avais 18 ans, soyez indulgent !), il faut reconnaître que ce n'est pas évident.

 

    N'ayant alors pas de lecteur de comics dans mon entourage pour partager ma fierté, c'est aujourd'hui avec vous que je le fais.

 

Merci internet !

 

 

 

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:54

Ty-Bull est une librairie de bande dessinée créée par Alain Noblet à la fin des années 70. Véritable institution rennaise, comme a pu l'être la boutique récemment fermée Rennes Musique, la librairie a vu ces dernières années, son enseigne bleu ciel remplacée par celle plus foncée de la chaîne Album.

Aujourd'hui, les actionnaires de la chaîne de libraires ont lâché quelques-unes de leurs adresses, dont les deux librairies jumelles indépendantes rennaises : "Ty-Bull" et "Ici-même".

 

 

Je ne cache pas que je suis bien content que ce soit un copain, Xavier Rossi, qui a réouvert cette fameuse librairie Ty-Bull, sous le nom que personne n'avait cessé de lui donner, mais en y adjoignant le suffixe judicieux : ..." tome 2". Quand on sait que Xavier a travaillé pendant des années dans la grande distribution, défendant dans une enseigne Leclerc, la bande dessinée la plus variée, on ne peut que saluer la démarche d'indépendance d'un amoureux du genre.

 Le mois dernier, je lui ai bricolé un blog, un peu sur le modèle de celui fait par Alain Chevrel sur les éditions ROA.

 

 Tenez ! Tant qu'on y est, je vous invite aussi à jeter un oeil à celui de mon copain Stéphane Duval, puisque nous avons passé la journée d'hier à mettre en place son blog  (sortie d'album imminente oblige !).

 

Comme vous le constaterez, une certaine "patte graphique" se dégage des blogs que je crée :

 

J'aime bien mettre des couvertures d'albums dans les marges !

 

 

 

Revenons un peu à Ty-Bull. Bien que déjà ouverte (allez-y de ma part), l'inauguration officiele de la librairie aura lieu en septembre, et j'y dédicacerai mes petits mickeys à cette occasion.

 

En attendant, je viens d'en créer la mascotte, une mouette. Elle remplacera la mythique bigoudenn dessinée en son temps par F'murr pour la première édition de Ty-Bull.

 

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Primo : les croquis au bic.

 

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C'est évidemment cette mouette rieuse, rappel à la fois de Franquin et de Pratt, qui m'a intéressé.

En fouillant un peu dans mes livres sur 'Les Animaux du Littoral", et "Le Guide des Oiseaux d'Europe", je me suis rendu compte que la fameuse mouette rieuse si chère à Gaston... était en fait une mouette pygmée, puisque la dite mouette rieuse a la tête... blanche !

 

Pour des raisons de références BD, et parce qu'une tête noire ressortira mieux en en-tête de document autant qu'en devanture de sa librairie, j'ai poussé Xavier et Hélène dans le sens de conserver cette tête noire.

   

 encre-copie-1.jpg 

 

 

Voici la version encrée, avec la typo choisie pour tous les documents relatifs à la librairie.

 

Entre temps, notez que j'ai redressé la posture de la mouette (que je trouvais un poil apathique, le bec fourré dans son livre). Elle est désormais nettement plus avenante, vous ne trouvez pas?

 

 

 

rond-enseigne

 

 Et pour finir, la version couleur.

Comme vous pouvez le constater, notre amie a d'excellentes références en matière de lecture !

 

   adresse-NB-copie-1.jpg adresse-couleur

 

Il ne reste plus qu'à décliner  suivant la charte typographique qu'on retrouvera sur les sacs, cartes de la librairie, invitations, ex-libris, etc... 

 

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 17:40

10 août : C'est ma fête, et l'occasion de reposter un p'tit quelque chose (on trouve les prétextes qu'on peut !).

 

Derrière ce titre intriguant en forme de teasing accrocheur se cache un projet audiovisuel sur lequel je travaille actuellement, et sur lequel je ne pourrai par conséquent pas m'étendre (c'est le principe d'un projet). Je peux néanmoins montrer quelques dessins, recherches graphiques et bouts de planches qui ne divulguent rien en soi.

 

 

 

On est dans les années 60 et les couleurs un peu criardes doivent autant au journal Pilote de l'époque... Qu'aux aventures du "Club des 5". Ce sont des cases de planches, dessinées et colorisées sur Photoshop.

 

Si tout va comme je veux, je lâcherai la palette graphique en septembre pour revenir à l'encre et au bristol.

 

en-mer.jpg  case8

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On termine avec une planche très Eisnerienne - période "L'appel de l'Espace"(spéciale dédicace à Phil Cordier).

 

Au delà du style même du dessin qui se veut dans la lignée de celui de Will Eisner (enfin, moi je dis ça, c'est vous qui tranchez!), c'est surtout au travers de trouvailles de narration dûes au papa du Spirit et employées dans l'exemple ci-dessous que je fais allusion : Comme dans son oeuvre, les bords de case disparaissent quand elles ne sont pas utiles pour faire place au contour des fenêtres ou encadrements de porte qui suffisent à dire où nous sommes et d'où l'on regarde. Dans la case 2, l'absence de bordures nous dit l'exiguité d'une guérite sur un port. Dans la dernière, les bordures de fenêtres sur un bateau met l'accent sur ce qu'observent les silhouettes tapies dans la pénombre.

planche-corbinais.jpg

Et puis il y a la pluie ! Chez Eisner, la pluie, les averses, les flaques sont plus qu'un décor, elles sont un personnage de l'histoire comme le sont les rues et gratte-ciels de New-York dans son "Big City".

 

 

 

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 09:52

C'est l'été. Tout est calme cette nuit. Le bourdonnement grave d'un  bombyx vient me tirer du transat où je me suis assoupi. Pas un bruit dans le jardin endormi. Je regarde mécaniquement le numéro de page du roman "La Malvenue" (Seignolle), sur laquelle je me suis endormi environ une heure avant.

 

Il fait encore bon dehors, mais je serai définitivement mieux dans mon lit.

  

Vous y êtes ?

 

Le décor aoûtien étant planté, je peux commencer.

 

 On attaque avec une affiche de cinéma. Frazetta a beaucoup travaillé pour Hollywood et ses travaux coûtaient cher. De Clint Eastwood (the Gauntlet - "L'épreuve de Force"), à Woody Allen en passant par Robert Rodriguez (From Dusk Till Dawn - "Une Nuit en Enfer") ou Polanski ("Le Bal des Vampires") parmi tant d'autres, la signature Frazetta était un must du cinéma depuis les années 60 jusqu'au milieu des années 90.

 

Au vu du palmarès, on comprend aisément pourquoi tant de graphistes se sont inspirés du "peintre qui fait vendre", ou pourquoi on leur aura explicitement demandé de le faire.

Premier exemple avec la peinture ci-dessous :

 

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"The Norseman" - Couverture du roman "Flashing Swords" de Lin Carter -  © Frazetta 1972

 

On retrouve un guerrier à peu près dans la même position (les bras sont inversés) sur l'affiche du très agréable "Dragon du Lac de Feu" de Disney - 1981. Ce visuel est celui qui a été utilisé pour la version DVD. Il existe deux autres magnifiques affiches pour l'exploitation du film en salle, dont l'une par le grand Jeff Jones.

 

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comme on dit sur France 2 : " A vous de juger " :

 

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                      Frazetta                                                Frazettade

 

Comme dans l'exemple ci-dessus, Frazetta a peint de nombreux tableaux dont la composition place le spectateur derrière le héros (alors vu de dos), avec la menace qui le surplombe et lui fait face autant qu'à nous.

 

Sur ce modèle, on trouve dans la collection Soleil Celtic nombre de couvertures très inspirées des codes graphiques de Frazetta, notamment pour les séries Les Duides, Merlin, Merlin le Prophète ou Arawn.

     

Le sombre personnage ci-dessous me semble provenir d'une étude de Frazetta à la gouache trouvée au dos d'une trading-card de Frazetta, pour une de ses multiples versions du Death Dealer.

   

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"Merlin"  - Tome 3 - (Istin - Lambert - Stambecco)

 

Sur cette couverture, on retrouve la même pose que sur l'original par Frazetta (ci-dessous), et même le rocher qui remplace  la proue de l'esquif du dessin de Frazetta a gardé la même forme.  Même cape au vent, mains jointes et posées sur le pommeau d'une épée et pied posé en avant.

 

rough-deathdealer.jpg

 

 

 

L'image ci-dessous a été réalisée à la fin des années 80 par un jeune surdoué nommé Simon Bisley et à qui, pas mal de dessinateurs de l'écurie Soleil Celtic devrait payer au moins 50% de leurs droits d'auteurs (Le reste se partageant entre Jim Lee, Frazetta et une pincée de Loisel pour les Contes du Korrigan) tant ces influences s'y retrouvent.

 

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 Slaine tome 2 "Les Armes Sacrées" - paru en France aux éditions Zenda en 1989

 

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  "-Pour crâner en société, moi, Arawn, barbare de père en fils, j'achète mes haches chez "Slaine", et mes casques chez "Death Dealer". Alors pourquoi pas vous !"

 

FrankFrazetta-The-Death-Dealer-III-1987.jpg 

 Death Dealer II © Frazetta - 1986.

 

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Le sketch (étude) à la gouache du même tableau.

 

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Une autre version de la même composition, toujours par Frazetta...

 

 

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... et la couverture du recueil des 3 tomes de la bande dessinée "Arawn", hymne à la paix à lire en écoutant un nocturne de Chopin. On notera que cette compilation s'appelle "La preuve par 3" !

Tout y est, depuis les côtes décharnées, la main d'un macchabée qui tient toute seule en l'air (piquée à "The Barbarian", ci-dessous) et l'indispensable crâne fiché sur sa pique.

 

conan-ff-detail3

Détail de "The Barbarian": Tableau si pompé, détourné, pastiché ou "hommagé" qu'il a nourri à lui tout seul une des plus copieuses chroniques des Frazettades à lui tout seul ici.

Je le remets en entier, car il me semble que la couverture d'Arawn au-dessus est un mix inspiré à la fois du Deaht Dealer pour le look, et de "The Barbarian" pour l'idée de pose (main posée sur l'épée au milieu d'un monticule-carnage).

"Oui mais la mienne est plus grande !" semble nous rétorquer Arawn.

 

Peut-être, mais tu t'en sers moins bien, mon grand.

 

conan-ff

 

 

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  Au-dessus et en dessous, quelques exemples de la réutilisation pirate du Death Dealer renommé Arawn (éditions Soleil toujours).

 

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Merlin le Prophète : "Il revient, et il est pas content".

 

Casque à corne sur visage noir, ciel apocalyptique et monticule de crânes. Il est loin, le Merlin de Disney. Par Istin et Goux

 

Et maintenant, une ou deux images de Slaine par Simon Bisley qui datent de la fin des années 80. Avant, quoi. 

 

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Slaine-cover2.jpg

 

Si vous vous intéressez à l'imaginaire celtique en bande dessinée, et que vous souhaiteriez lire des ouvrages dont la construction iront au-delà des lieux communs "gentils païens contre méchants serviteurs du Dieu unique" (J'en suis désolé... mais il faut bien admettre que ça se limite quand même souvent à ça), je ne peux que vous conseiller "Bran Ruz" (Casterman) de Auclair et Deschamps. Concernant la féerie en bande dessinée, je vous invite aussi à essayer, si ce n'est déjà fait, tout ce qui porte le nom de Pierre Dubois, Brian Froud, Allan Lee, Hausman ou Toppi.

 

Ces gens connaissent leur sujet au-delà de références (bonnes au demeurant) limitées à une trilogie tolkienesque, Le Nom de la Rose, Marion Zimmer Bradley (Les Dames du Lac, Les Brumes d'Avalon) ou Slaine.

 

La féerie qui se montre trop facilement, n'en est plus. Les concours d'oreilles pointues, les nymphes sexy, tatouées, boy-buildées me donnent moins de frissons que la jolie Clochette de Loisel ou même celle de Disney. Jamais de grands barbus musclés qui jettent des boules de feu façon Dragon-Ball ne parviendront à générer la magie de la séquence où deux petits orphelins fuient en barque  - sous l'oeil complice d'un crapaud, d'un renard, d'une araignée puis d'une chouette - un pasteur psychopathe dans "La Nuit du Chasseur".

 

Frissons dans l'échine garanti !

   

 

On termine avec Soleil Celtic avec la couverture ci-dessous par Olivier Ledroit qui nous a gratifié il y a quelques années de la couverture ci-dessous pour le tome 3 des "Contes de l'Ankou", toujours sous la houlette deJean-Luc Istin (directeur de la collection).

 

contes-ankou.jpg

 

La composition est assez efficace, et correspond au public gothico/ado/métallica qu'il vise probablement.

 

- Ce qui me gène ici, c'est que quiconque a lu un des terrifiants contes originels de l'Ankou tels ceux qu'Anatole Le Braz a respectueusement recueillis dans les années 1890, en se déplaçant lui-même de ferme en ferme, se trouvent ici déformés d'une manière qui doit moins à mon sens à l'inspiration heureuse qui enrichit une histoire recueillie "brute de pomme" ( c'est le texte rédigé et paru dans La Légende de la Mort), qu'il ne le trahit : Une femme nue embrassant l'Ankou comme une sorcière étreint le Diable sur une pochette de disque pour métalleux de base est un contre-sens, et anéantit tout espoir de compréhension de la vision de l'au-delà caractéristique de l'imaginaire paysan breton  (tout à fait présent dans l'oeuvre originale).

 

- Dans la légende de la Mort (je parle bien du livre d'Anatole Le Braz, et pas de la bande dessinée qui lui prend son nom et ses histoires), l'Ankou n'y est jamais décrit comme la Mort elle-même, mais comme son pathétique ouvrier, et 'il n'en est que plus tristement terrifiant !

 

Les histoires rassemblées dans la BD des éditions Soleil "Les Contes de l'Ankou", composé pour ce que j'en sais en grande partie de contes issus de "La Légende de la Mort", est un patchwork de styles, peu documentés et qui doit plus à l'esthétique de la trilogie de films Blade, voire au romantisme pouët-pouët à la Twilight... qu'à la sensibilité armoricaine, telle quon peut la ressentir - par exemple-  à la lecture du "Foyer Breton" (Emile Souvestre - 1844)

 

Mais peut-être Olivier Ledroit ne s'est-il uniquement rappelé inconsciemment la composition du tableau de Boris Vallejo (ci-dessous) au moment de créer son image :

 

 

Vampire-sKiss.jpg

 

Vampire's Kiss - © Boris - 1979

 

Tiens ! Parlant de Boris... Il me revient en tête un de ces tableaux où l'on sent à plein nez comment le peintre Chilien fait poser des culturistes huilés dans son atelier de Lima pour créer ces peintures :

 

ConantheMagnificent.jpg

Conan the Magnificent © Boris - 1983

 

 Ce qui me fait revenir au tableau de Frazetta qui a ouvert cette chronique "Norseman"...

 

norseman.jpg

 

... Et qui la referme.

 

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 11:15

Ca faisait un bon moment que je n'étais pas revenu vous proposer d'autres frazettades. Beaucoup de boulot, et de projets dont il me tarde de vous en dire plus. C'est encore un peu prématuré.

En attendant, je reviens vers vous avec une de mes petites chroniques-bonbon à la fraise.

   

 

   

Point de décalquage dans le cas que nous allons voir ensemble aujourd'hui, juste une réutilisation des ingrédients répartis dans quatre tableaux de Frazetta pour qu'un faiseur en compose un autre :  Prenez quelques reptiles volants, un tigre à dents de sabre et une planète aux couleurs chaudes venus du tableau numéro 1 ...

 

     " Flying Reptiles" de Frazetta (1971) - couverture de Pellucidar par E.R. Burroughs (Ace Books).

 

Flying-Reptiles.jpg

 

... Ajoutez-y un premier-plan fort composé d'une ligne terreuse dont la matière travaillée à la truelle vous donne l'impression que les personnages du tableau surgissent littéralement devant vous, et terminez avec la nappe sombre d'une horde déchaînée hérissée de piques où sont plantées les têtes barbues des ennemis :  "Bran Mak Morn" - © - 1969 Frazetta -  pour le roman éponyme de R.E. HOWARD (Dell Books)

 

branmakmorn.jpg

 

... Pour brouiller un peu les pistes, choisissez vos ptérodactyles dans un troisième tableau : "The Return of Jongor"  © 1970 - pour la couverture du roman de R.M. Williams...

 

The-Return-of-.jpg

 

... avant de vous y mettre tout seul pour finir votre tableau, vous vous rappelez qu'elle était  quand même vachement chouette, cette jambe musclée plantée dans une bottine en fourrure (19,99 €la paire à la Halle aux Chaussures) ainsi que le petit slip en peau avec ceinturon inclus (2,99 € à la Halle au Slip) que vous aviez regardée sur le tableau "Warrior with Ball-chain" - © Frazetta - 1974, et que vos copains peintres en affiches de sous-conaneries ritals avaient déjà repiqué (ici)...

 

warriorwithballandchain

 

 

... Et vous pourrez terminer tout seul comme un grand votre propre plat "sauce Frazetta" : Tadaaaaaaa !

 

ironmaster-guerre-du-fer.jpg

  Affiche de la jaquette vidéo du film Italien  Iron-Master (La Guerre du Fer) "La Guerra del Ferro" de Umberto Lenzi- sorti dans le sillage de "La Guerre du Feu".

 

J'avais découvert cette image publiée en miroir dans une double-page du numéro 31 (fév. 1983) de l'Ecran Fantastique, où l'on distingue mieux les éléments que sur la jaquette VHS. 

 

double-pageEF2

 

Quelques plans rapprochés récapitulatifs :

 

ballchainjambe.jpg  double-pagejambe.jpg

Original                                           tambouille

 

ptero-jongar.jpg  double-pageEF-ptero2.jpg

Original                                           tambouille

 

 

branmakmorn-horde.jpg  double-pageEF2-horde.jpg

Original                                             tambouille

 

- Allez-y, n'hésitez pas à zoomer en cliquant sur les images : C'est dans les petits coups de pinceaux que ça devient édifiant. Evidemment, pour compléter la démonstration, il y a aussi le mammouth de l'affiche qui provient tout droit d'une ancienne gouache de frazetta, mais comme je ne l'ai pas sous la main, on verra plus tard.

 


 

Allez, on termine avec un grand habitué de la maison, j'ai nommé : Eeeeeeesteban Marrrrrrroto ! Olé !

Dans le dernier épisode de sa fameuse série "5 Pour l'Infini", on trouve l'image suivante :

 

 5xl-infini.JPG

 

Planche que je mets ensuite en miroir en zoomant sur le corps :

 

 5xl-infini-miroir.jpg

 

... Et que je vous laisse comparer avec le tableau suivant :

 

MongolTyrant.jpg

 

"Mongol Tyrant" - © Frazetta 1969 - Couverture de CREEPY numéro 27 (US).

 

That's All Folks !

 

 

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 12:33

Voici la couverture et la première page pour un petit livre jeunesse de 25 pages tout en breton "Sekred Hans" (Le Secret de Hans), à paraître en octobre chez Keit Vimp Bev.

 

couv

 

Le modèle du grand-père ci-dessous est l'illustrateur  René Hausman (ça s'imposait !).

 

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Tous les dessins du livre sont visible dans un article à venir et classé dans la catégorie "jeunesse" de ce blog.

  

 

 

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 12:11

Voici quelques étapes entre le premier gribouillage et la couverture finale d'un album, ainsi que les réflexions qui ont présidé à ces choix.

 

On commence avec le-dit gribouillis (comment appeler ça autrement ?). Ce qui compte ici, c'est de poser une idée : Jouer avec le carré blanc en haut à gauche, figure obligée de l'actuelle charte graphique de la collection et dans lequel le nom de la collection (Signé), le titre de l'Album et le nom de l'auteur figurent.

 

 

couvcrobard.jpg

 

L'idée, c'est d'axer sur le nom de l'auteur ainsi que le titre, et de mettre le nom de l'éditeur (le Lombard n'apparaît qu'à l'arrière et sur la tranche) en retrait.

 

Avec ce carré blanc obligatoire donc, j'ai pris le parti d'équilibrer la composition en logeant le centre d'intérêt  (Tom et William) dans l'angle opposé en bas à droite.

 

Je n'invente rien : C'est une composition qui reprend le principe d'équilibre du Ying-Yang, ou de la figure de carte à jouer où les symboles (pique-coeur-carreau-trèfle) s'équilibrent mutuellement sur chaque carte. Le titre, ainsi que tout élément qui figure sur une couverture en faisant partie intégrante, il faut donc les prendre en compte au moment d'en choisir la composition générale. 

 

   

asroidame.jpg  yinYang.png

 

 

 

 

 

A ce stade, les créatures dans les nuages ne sont pas encore esquissées (en tout cas, dans ce seul croquis retrouvé). Ce qui compte, c'est l'équilibre : Tout élément rajouté ultérieurement devra veiller  ne pas perturber cette idée directrice.

 

- Les personnages, apparemment dans une attitude neutre (ils marchent), sont en vérité déjà dans les postures qui les décrivent : Tom est dans son monde, absorbé dans sa lecture, tandis que William semble l'encadrer d'un oeil bienveillant.

 

- Ils marchent de la gauche vers la droite. Cela signifie qu'ils vont de l'avant - Ca a peut-être l'air bête comme ça, mais s'ils marchaient dans le sens inverse, ils sembleraient revenir en arrière, régresser. Vérifiez dans le film "Le Seigneur des Anneaux" : Bien que les Hobbits marchent en tous sens et dans des lieux fantastiques, nous ne semblont jamais perdre de vue qu'ils marchent toujours vers un même but, parce que Peter Jackson les montre presque toujours aller de la gauche vers la droite !

Ajoutons à cela que c'est le sens de lecture occidental, et que les personnages semblent donc vous inviter ainsi à les suivre en tournant cette couverture.

 

- La ligne d'horizon est volontairement basse (environ 1/7ème de la hauteur totale), pour dégager un maximum de ciel dégagé (en apparence), puisque dès la couverture, le doute est déjà introduit : Les personnages esquissés dans le ciel sont-ils les rêveries du gamin, évocations fantasmagoriques de Tom plongé dans ces lectures... ou bien présage des événements à venir ?

 

 

 

couv1.jpg

 

Première version de la couv, faite fin 2008, alors que je n'en suis qu'au premier tiers de l'album proprement dit. Les silhouettes des héros sont déjà dans le ciel, mais d'un traitement trop "Photoshop" à mon goût (flous et réalistes). Tout ce que je n'aime pas !

Les personnages de Tom et William sont encore tous tassés, mais ce n'est qu'un croquis. On corrigera plus tard.

Toujours dans le souci de ne pas alourdir le dessin, la présence du fil electrique est allégée.

 

 

couv2.jpg

 

Cette version ci-dessus est plus récente (sept.2009). A l'image des couvertures des éditions ROA, et de beaucoup de couvertures de bandes dessinées type Strange, et Petits Formats illustrés auxquels je fais continuellement allusion dans l'album, je me devais d'être en cohérence avec ma propre couverture, et traiter celle-ci comme une gouache. Le contour noir des personnages disparaît alors pour laisser place à un traitement plus pictural.

Du coup, les couleurs "claquent", et la molesse du flou qui définit les personnages évoqués en nuages disparaît pour laisser place à des nuages aux contours plus nets et francs.

 

 Détail des persos ci-dessous.

  

couvpeinte-detail.jpg

 

Il est d'ailleurs amusant de rappeler à ce stade, qu'en Italie, on attribue à ce type de petites bandes dessinées en noir et blanc le nom général de "Fumetti" (les fumées), car les paroles des personnages semblent flotter dans des bulles aux contours flous qui évoquent des nuages. 

 

 

couverture

 

Couverture finale de "Tom et William" : Le ciel bleu et ses nuages blancs si rassurants qui pouvaient laisser penser que l'album raconterait une balade-à-pied-en-Bretagne, ou encore l'amitié-entre-un-infirmier-dévoué-et-le-jeune-autiste-dont-il-a-la-charge, ont disparus. A la place, le violet d'un orage d'été soudain vient menacer les promeneurs, désormais perçus comme menacés.

 

A force de vouloir faire subtil (ne pas trop montrer les héros dans le ciel)... on risquait de ne plus les voir du tout et de passer à côté du genre Fantastique/Anticipation pour voir l'album rangé au mauvais endroit : En ces temps difficiles, il en faut peu pour qu'un album rate son public à cause de ce genre d'erreur.

 

Un dernier trait d'union entre les deux plans de réalité proposés (nuage/promeneurs) vient renforcer l'impression que le ciel menace : C'est la silhouette à la fois lointaine, et inquiétante de ce qui semble déjà ne pas être un simple corbeau.

Cette forme est comme une promesse que tout n'est pas dit dès le début. Mon but est d'intriguer le lecteur potentiellement attiré par mon produit, pour lui faire regarder l'image plus en détail... et ouvrir le livre !

 

Alors : 9ème Art... ou marketting ? Et pourquoi pas les deux, mon général !

 

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 20:04

Nouvelle dédicace pour "Tom et William" ce matin, à la libriaire "Alfabulle", tenue par Fabienne et Alexandra dans la commune de Melesse, au Nord de Rennes. Encore un moment très chouette !

 

  Rappelons que le principe des dédicaces de "Tom et William", dans le cadre de cette chronique créée pour l'occasion "Vos Héros Vous Ressemblent"... est de demander à chaque lecteur, qu'il me dise qui est Son héros fétiche... celui qui l'a introduit à la bande dessinée, et de lui proposer d'en faire une couverture à son nom, aux couleurs des éditions ROA, avec un dessin du héros choisi ! Une manière de vous approprier l'univers nostalgique présent dans l'album !

 

- Encore merci aux "piégés" de se prêter au jeu de la photo !

 

Prochaine étape les 3 et 4 juillet à Amboise, au Clos-Lucé, à l'occasion du festival "Les Courants".

 

 akim  bats

 

Camille  cheval

 

lachose  spiderman

               (dédicace n° 80) 

superdupont.jpg  swing.jpg

 

thibault.jpg  tuniquesbleues.jpg

 

rahan.jpg  Elf-quest

 

 Une fois de plus, je constate que les lecteurs ont bon goût dans le choix des héros qu'ils me demandent ! 

 

La dernière dédicace a été faite dans mon jardin par un lecteur reparti avec 240 de mes vieux Strange, Titans... et "Tom et William".

 

Pour finir, une (courte) interview par Benoît et filmée par Fabienne ! 

  

Prochaine étape du rallye-dédicace-tour : Amboise pour "Les Courants" les 3 et 4 juillet, avec entre autres, Mézières, Bertin, Jung  pour la BD, et les Wampas ou encore Sansévérino côté concert.

 

 

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A Propos De L'auteur

  • Lefeuvre
  • Auteur BD/Illustrateur né en 1977, marié et papa de deux enfants.
  • Auteur BD/Illustrateur né en 1977, marié et papa de deux enfants.