Activité et actualité éditoriale d'un auteur BD/illustrateur : commentaires bienvenus :)
La nuit porte conseil, et voici ce qu'elle ma soufflé cette nuit :
-"Hey ! Pssst ! Woh, l'artiste ! Ta couverture des Contes Léonards.. Elle est ratée ! Réveille-toi ! Il n'est pas trop tard !"
Voilà ce qui me tire du lit à 5 heures ce matin. Misère !
Je me lève, j'allume l'ordinateur. Et là... force est de constater que la nuit a raison :
- D'abord, il y a ce conteur à l'air pervers...
On dirait un psychopathe qui anonne nerveusement un "AM-STRAM-GRAM" sadique pour savoir qui y passera le premier.
Pas de bol pour la petite tête blonde à gauche.
- Et puis cet arrière-plan impressionniste trop présent, criard...
- La couleur du titre, aussi. Trop fade.
Mince ! moi qui pensais avoir fait une couverture où un grand-père transmet le patrimoine oral de son enfance... Pas l'affiche d'un film d'horreur !
Je n'aime plus ma couverture.
A midi, une toute nouvelle couverture :
Eh ben voiiiiiiilà ! Tu vois quand tu veux ! (la nuit aime le triomphalisme).
En lieu et place d'Hannibal Lecter, un gentil papi moustachu vintage, comme dans les peintures de Norman Rockwell, ou les pubs de bonbons "Werther's Original" (suivant vos références).
Depuis Jean Rochefort installé dans un rocking-chair devant un bon feu de bois pour présenter Winny L'ourson, jusqu'à Louis La Brocante, on n'a pas trouvé mieux que la moustache pour faire gentil, vous ne trouvez pas ?
Bon d'accord, il y a des contre-exemples. Revenons à nos moutons.
- A l'arrière-plan, l'explosion abstraite de couleurs a fait place a un peu de cette fameuse côte des légendes découpée de rochers.
Désormais, on comprend que le gentil papi RACONTE quelque chose.
Et puis un titre plus orangé, moins fade que le précédent parachève les modifications.
STOP ! On ne touche plus : Il faut savoir s'arrêter.
Mais déjà l'éditeur a reçu la nouvelle version, et me demande de faire une toute autre proposition... moins enfantine !
Ma sieste attendra...
19h00.
Ca y est !
J'ai fini la nouvelle version de la couverture.
Nous voilà dans une toute autre direction. Fini le gros plan du conteur avec les deux têtes de gamin.
Place au cadre majestueux de la Côte des Légendes !
Les personnages sont désormais en pied, et en costume : il n'y a plus de barrière entre le conte et le moment conté.
Comme beaucoup des histoires de ce livre en somme.
Mais le conteur n'est pas ici un simple baragouineur : Il est séparé de son public par un creux de rochers dont les formes inquiétantes impressionnent les plus jeunes auditeurs. Ce visage creux, à demi caché sous les rebords d'un chapeau n'est-il pas celui d'un sorcier ? Le conteur domine. Derrière lui, l'orage à venir semble lui obéir.
Tiens, à propos de "baragouiner"... Les mots bretons bara (pain) et gwin (vin) seraient à l'origine du verbe, parce que les Bretons, dans une auberge, avaient coutume de dire "bara, gwin" : "du pain, du vin".
Petit jeu : trouvez les deux diables et la jeune fille cachés dans les rochers.